LE NOBLE CHEMIN OCTUPLE (2/8): l’intention juste Partie 1- l’intention de non-violence

“ (...) La non-violence ne saurait se réduire à une technique. Elle est avant toute chose une manière d’être. Elle est finalement un acte de foi en la force de l’esprit.
Il s’agit de faire une résistance au mal et à l’injustice, mais en employant des moyens justes, de façon à ne pas redoubler la chaîne du mal.
”

Citation de Lanza del Vasto (1901-1081)

J’aime beaucoup cette citation de l’écrivain et poète Lanza del Vasto que Gandhi appelait “Shantidas”, ce qui signifie “serviteur de paix”.

En ce jour de la Toussaint qui nous rappelle que tous les êtres humains sont appelés à la sainteté dans leur vie quotidienne quelques soient leurs chemins, j’y vois un lien avec le dernier axe de l’intention juste du NOBLE SENTIER OCTUPLE, celle de l’intention de NE PAS NUIRE, l’intention de NON-VIOLENCE.

Sa réalisation dans la matière est en effet une voie de sainteté…

Ce lundi 2 novembre, c’est depuis Athènes que je vous retrouverai pour une méditation sur ce thème de la non-violence (Ahimsa en sanskrit).

Ahimsa est d’ailleurs l’un des 5 Yamas en Yoga, à savoir les observances morales qui engendrent des conséquences positives facilitant la vie sociale et l’évolution personnelle du pratiquant (Sutra de Patanjali II.35 à II.39).

La non-violence est complémentaire à la bienveillance, c’est le fait de ne pas tuer ou blesser les êtres vivants, ne pas nuire enpensées, en paroles et en actes, directement, indirectement ou par consentement.

Ici, chez les philosophes grecs de l’antiquité, ce concept de non-violence n’existe pas en tant que doctrine systématique. Pour eux, la violence et le conflit sont des traits intrinsèquement liés à la nature humaine, divine et cosmique.

Les philosophes grecs ont dès lors développé des concepts pour modérer, canaliser, maîtriser la violence au sein de la cité:

  • La recherche de la juste mesure ou modération selon Solon

  • L’équité selon Platon

  • La transformation du combat selon Aristote : l’affrontement dans la guerre est transformé en un affrontement en un débat policé au sein de la cité dans lequel l’adversaire n’est plus annihilé mais coexiste pacifiquement sur base de la Philia(amitié civique) (1)

  • l’éthique de la patience et refus de l’injustice par le malselon Socrate (ne pas répondre au mal par le mal)

  • la maîtrise des passions, la concorde universelle (le monde est un organisme vivant et unifié) et cosmopolitisme(communauté de citoyens du monde) chez les Stoïciens que sont Zénon de Kition, Épictète, Marc Aurèle.

  • le respect de la vie animale, l’interdiction des sacrifices sanglants et la violence faite aux êtres vivants (sorte d’ascétisme et douceur envers la nature) pour les pytagoristes

Si nous en revenons aux enseignements du Bouddha, il convient de se placer en amont. Si la non violence est déjà dans notre intention, elle guidera alors nos actions.

L’intention de ne pas blesser est une pensée guidée par la compassion (Karuna), qui va à l’encontre des pensées cruelles, agressives, et violentes (1).

La compassion est complémentaire à la bienveillance. Alors que la bienveillance a la caractéristique de souhaiter le bonheur et le bien-être d’autrui, la compassion a la caractéristique de souhaiter à l’infini à autrui d’être libéré de la souffrance (désir).

Ce voeux s’étend à tous les êtres vivants sans distinction car suivant les mots de Bouddha “comme le cycle des naissances est sans commencement, il est difficile de trouver, même un seul être, qui n’aurait pas été, à une certaine époque, notre mère, notre père, notre sœur, notre frère, notre fils, ou notre fille”.

C’est une façon de regarder le monde qui fait fleurir en nous le coeur de compassion et le Bouddha nous enjoint à “muscler” notre intention de non-violence à travers la méditation. C’est ce que nous pratiquerons demain matin.

Une pratique de hasta mudras (sceau avec les doigts) nous fera également rencontrer la vibration énergétique de Ahimsa.

Je me réjouis de vous retrouver demain pour, ensemble, booster en nous le coeur de compassion et alors peut-être, à notre tour et à notre modeste mesure, devenir de plus en plus des serviteurs de Paix (Shantidas).

Om shanti, shanti, shanti !

En reliance de coeur, cheminement et sincérité,

Surya Mâ

© Les mots de Surya Mâ - Un extrait de la Newsletter du 1.11 adressée au groupe des Méditations du lundi - Univers-Cité de la Joie 2026. Tous droits réservés

(1) BHIKKHU BODHI, LA VOIE VERS LA FIN DE LA SOUFFRANCE, portail.dhamma.com

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